Comment choisir un système de filtration NRBC ?

Un système de filtration NRBC permet d’alimenter un bunker, une pièce refuge ou un abri protégé avec de l’air extérieur filtré. Son rôle ne consiste pas uniquement à retenir des contaminants : il doit également assurer un renouvellement d’air adapté aux occupants et contribuer à maintenir une surpression dans le volume protégé.

Le choix dépend principalement :

  • du volume intérieur réel ;
  • du nombre de personnes ;
  • de la durée d’occupation ;
  • du niveau d’étanchéité de l’enveloppe ;
  • et du parcours prévu entre l’admission et le rejet d’air.

La surface en mètres carrés constitue seulement un repère. Le dimensionnement doit être effectué à partir du volume en mètres cubes, en tenant compte de la hauteur sous plafond et des éventuels locaux communiquant avec la zone protégée.

Une filtration surdimensionnée ou sous-dimensionnée peut nuire à la cohérence de l’installation. Le bon système est celui qui fournit un débit adapté sans créer de contraintes excessives de bruit, d’énergie, d’encombrement ou de maintenance.

Quelle différence entre le volume protégé et le débit d’air ?

Les indications en et en m³/h ne désignent pas la même chose.

Le volume en mètres cubes correspond à la quantité d’espace intérieur à protéger. Il se calcule en multipliant la surface au sol par la hauteur sous plafond.

Le débit en mètres cubes par heure correspond à la quantité d’air que le système peut faire circuler pendant une heure. Un groupe annoncé à 50 m³/h en filtration n’est donc pas nécessairement destiné à une pièce de 50 m² : le modèle actuellement proposé correspond à un volume recommandé de 50 m³, soit environ 20 m² avec une hauteur sous plafond de 2,50 m.

Le dimensionnement doit également prendre en compte :

  • le nombre d’occupants ;
  • les pertes de charge dans les gaines ;
  • la longueur et le diamètre du réseau ;
  • l’étanchéité réelle de la pièce ;
  • le niveau de surpression recherché ;
  • la présence éventuelle de plusieurs compartiments.

Pourquoi la surpression est-elle essentielle ?

Le filtre traite l’air qui traverse volontairement le système, mais une pièce comporte toujours des points sensibles : joints de portes, passages de câbles, gaines, raccords de maçonnerie et autres microfuites.

La mise en surpression consiste à maintenir une pression intérieure légèrement supérieure à la pression extérieure. L’air tend alors à sortir par les défauts résiduels plutôt qu’à laisser entrer de l’air extérieur non filtré.

Cette fonction exige une enveloppe suffisamment étanche, une admission maîtrisée et une sortie d’air régulée. Une soupape de décharge permet d’évacuer l’excédent d’air tout en maintenant la pression prévue.

La filtration, la surpression et l’étanchéité doivent donc être conçues comme un ensemble. Un groupe performant ne peut pas compenser une porte non étanche, des traversées mal réalisées ou un rejet d’air inadapté.

Comment l’air est-il filtré ?

Les groupes proposés associent plusieurs niveaux de traitement :

  • une préfiltration destinée aux poussières et particules les plus grossières ;
  • une filtration particulaire haute efficacité ;
  • un média adsorbant destiné au traitement d’une partie des gaz et vapeurs ;
  • une mise en surpression de la zone protégée.

Les systèmes actuels annoncent une efficacité de filtration particulaire de 99,995 % à 0,3 µm ou supérieure, selon le modèle. Cette donnée concerne le média filtrant dans les conditions prévues ; la protection réelle dépend également de l’étanchéité de l’installation et de la qualité de la pose.

Pourquoi prévoir un fonctionnement manuel ?

Une coupure électrique ne doit pas rendre immédiatement la ventilation de l’abri inutilisable.

Les trois systèmes actuellement proposés disposent d’un secours manuel permettant de maintenir une circulation d’air en situation dégradée. Cette possibilité ne dispense pas de prévoir une stratégie énergétique — secteur, batterie, onduleur ou groupe électrogène — mais elle apporte une continuité de fonctionnement lorsque l’alimentation principale devient indisponible.

Quel système de filtration NRBC choisir ?

Pour une safe room ou un petit bunker jusqu’à 15 m²

Le système de filtration NRBC 36 m³ est destiné aux petits volumes protégés.

Il est donné pour un volume allant jusqu’à 36 m³, soit environ 15 m² avec une hauteur sous plafond de 2,50 m, et pour un maximum indicatif de six personnes. Son débit atteint 36 m³/h en filtration et 54 m³/h en ventilation non filtrée.

Son installation murale limite l’emprise au sol. Le système fonctionne en 12 V continu ou depuis le secteur selon sa configuration et comporte un secours manuel, une valve anti-souffle à l’admission et une régulation de la surpression.

Pour un petit bunker ou une pièce refuge jusqu’à 20 m²

Le système de filtration NRBC 50 m³ convient aux espaces protégés de petit à moyen volume.

Il est prévu pour environ 50 m³, soit jusqu’à 20 m² avec une hauteur sous plafond de 2,50 m, et pour un maximum indicatif de huit personnes. Il fournit 50 m³/h en filtration et 100 m³/h en ventilation.

Ce modèle mural fonctionne en 230 V monophasé, dispose d’un secours manuel et intègre un dispositif de réduction du bruit. Il constitue un compromis adapté lorsque le système 36 m³ devient trop limité, sans nécessiter la capacité du groupe 180 m³.

Pour un bunker ou un abri jusqu’à 70 m²

Le groupe de filtration NRBC 180 m³ est destiné aux volumes plus importants.

Il est donné pour un volume maximal recommandé de 180 m³, soit environ 70 m² avec une hauteur sous plafond de 2,50 m, et jusqu’à trente personnes à titre indicatif. Son débit atteint 180 m³/h en filtration et 360 m³/h en ventilation.

Le groupe peut être installé au sol ou au mur. Il fonctionne en 230 V monophasé, dispose d’un secours manuel et associe une valve anti-blast sur l’admission à une soupape de décharge sur le rejet. Son poids de 72 kg et son réseau de conduits imposent une implantation technique préparée avant livraison.

Quels éléments vérifier avant la commande ?

Avant de retenir un groupe de filtration, il convient de valider :

  • le volume intérieur exact ;
  • le nombre maximal d’occupants ;
  • la durée d’occupation envisagée ;
  • la nature et l’étanchéité des portes ;
  • la position de l’entrée et de la sortie d’air ;
  • le diamètre et le parcours des conduits ;
  • la disponibilité de l’alimentation électrique ;
  • l’emplacement du secours manuel ;
  • le type de pose : rénovation ou construction neuve ;
  • les accessoires nécessaires aux traversées de parois ;
  • l’accessibilité future du filtre pour la maintenance.

Le système doit rester accessible sans encombrer les circulations ni empêcher le remplacement de la cartouche filtrante.

Une gamme adaptée à plusieurs volumes protégés

NOAH Résilience propose actuellement trois niveaux de capacité :

  • 36 m³ pour une safe room ou un petit bunker compact ;
  • 50 m³ pour une pièce refuge ou un petit abri renforcé ;
  • 180 m³ pour un bunker privé ou un espace protégé plus important.

Le choix doit être fondé sur le volume réel et le nombre d’occupants, plutôt que sur la seule surface annoncée.

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